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Au
début du 20ème siècle, les artistes se succédaient sur
la scène des cafés-concerts pour y interpréter chacun sa chanson
travaillée amoureusement comme un numéro à part entière.
Le
spectacle Ma'me Kolska tente de restituer l'atmosphère du
caf'conc' de l'époque dans toute sa diversité. Aussi, deux comédiens-chanteurs,
en solo ou en duo sont tour à tour chansonnier, divette, amuseur,
danseur, effeuilleuse, chanteur à voix, fantaisiste de charme,
diseuse, comique sentimental...
Ils
interprètent successivement une conga, une danse tyrolienne avec
iodles, un spectacle de marionnettes à doigts, un numéro de domptage
de boa, etc.
Malgré
la variété des tableaux présentés, le spectateur retrouve toujours
comme fil conducteur l'intrigue amoureuse de Ma'me Kolska (Florence
Kolski) et de son amant Désiré le Désossé (Claude Gélébart),
tous deux bercés ou exaspérés par la musique que joue leur voisin
accordéoniste (Christophe Dupuis).
Le
spectacle commence alors que Ma'me Kolska s'affaire à sa toilette
dans son appartement. C'est une femme qui s'ennuie et qui espère que
des aventures amoureuses animeront son quotidien. Sa quiétude est
interrompue par l'entrée en scène de l'accordéoniste qui occupe
l'appartement voisin.
Très
vite s'établit entre eux une communication au travers des murs par
l'intermédiaire de la musique que joue le musicien qui s'exerce sur
des airs à la mode du moment. Ma'me Kolska se met à siffler, à
chanter, à reprendre les thèmes musicaux que l'artiste ne maîtrise
pas parfaitement.
Le
troisième personnage (Désiré), qui est au début noyé au milieu
des spectateurs, aborde enfin Ma'me Kolska et la séduit lorsqu'il
quitte son siège et entre sur le plateau. Il joue de l'ambiguïté de
sa présence dans le public pour surprendre et intriguer .
Ma'me
Kolska et Désiré roucoulent de plaisir à mesure que les liens se
tissent entre eux, mais rapidement la femme, aux mœurs dévoyées,
renoue avec ses vieilles habitudes de séductrice et trompe Désiré
avec leur voisin accordéoniste. S'en suivent une série de disputes,
scènes de ménage, meurtres ratés, réconciliations et ruptures mémorables.
Malgré
la passion des sentiments représentés et la lourdeur de certains des
thèmes abordés, le spectacle offre au spectateur une image de bonne
humeur et de joie de vivre.
En
ce qui concerne le répertoire, les amateurs de vieilles rengaines et
les esprits curieux auront plaisir à réentendre ou découvrir ces
vieux succès dont certains comme « Ah, tais-toi, tu m'affoles !
» et « Tea for two » sont encore connus de nos jours
Ce
spectacle est composé de chansons en français datant toutes d'avant
1935. Damia, Fréhel, Yvette Guilbert, Marie Dubas, Kurt Weill, et
nombre de leurs contemporains sont à l'honneur.
Hormis
la joie que procure la théâtralisation de certaines chansons, le
plaisir vient essentiellement de la découverte de l'extrême liberté
de parole dont jouissaient les artistes du début du siècle dernier.
Ainsi,
contrairement à ce qu'on pourrait croire, des thèmes aujourd'hui
tabous, comme la sexualité, la toxicomanie ou la prostitution, sont
abordés sans gêne aucune. La provocation de certains de nos
artistes actuels n'est en rien novatrice. Ces vieux airs qu'ont
croirait poussiéreux sont en réalité extrêmement modernes :
ce qui prouve que l'histoire se répète et que les préoccupations
humaines sont toujours les mêmes malgré le temps qui passe.
L'universalité
des sentiments humains est aussi attestée par les textes littéraires
choisis qui entrecoupent le spectacle, mais s'intègrent totalement
dans l'intrigue. Au travers d'un texte de Romain Gary, on comprend
comment Ma'me Kolska considère les chansons réalistes.
L'incommunicabilité et la solitude désespérée des couples nous
sont dites par Dorothy Parker dans des scènes de ménage mémorables,
extraites de « La vie à deux ». Bien d'autres petits textes émaillent
le spectacle qui reste cependant essentiellement musi
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