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photos : Claude Gélébart
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La Compagnie La
femme bilboquet
présente :
IL SUFFIT DE PEU
De MARTINE DRAI ,
éditions Le bruit des autres,
1998
Avec
Zhor TAZI
(comédienne)
Florence KOLSKI (chant)
Christophe DUPUIS
(accordéon)
Mise en scène : Florence KOLSKI
Création lumières : Christophe
DUPUIS
Scénographie et images : Jim
CONNELL
Musique originale : Florence
KOLSKI
Ce spectacle
a été présenté chaque jour à Avignon en alternance avec "A
l'enseigne de la fille sans coeur" du 9 au 29 juillet dans le cadre
du Festival OFF
Il a reçu le soutien de la Région Limousin, du Ministère
de la Culture et de la Communication, du Conseil Général de la Haute
Vienne, de la Ville de Limoges et de l’association Mais l’usine.
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«
J’avais une famille, comme toi. J’avais tout comme tout le
monde. J’ai tout laissé d’un coup… » Après des années
d’errance, Georgette passe ses journées dans une petite gare.
Elle connaît tout: les horaires, les trains régulièrement en
retard, elle observe le contrôleur, la femme de ménage, elle
arpente les moindres recoins… Entre deux trains elle apostrophe
les voyageurs. Elle ne veut pas d’argent, elle veut que
quelqu’un l’écoute, pour ne pas parler seule. Elle fait des
remarques sur l’empressement des passants, l’absurdité de
leur mode de vie tout en déroulant le fil de son propre parcours.
Sa mémoire, elle la jette à la figure de qui veut l’entendre,
sans agressivité. Elle, l’oubliée, elle ne demande rien de moins
qu’on l’écoute se souvenir. Elle a mené « toute une
vie de pauvre gourde », quarante et un ans de sa vie
« penchée sur des oripeaux de luxe. Pour les rombières. »
Jusqu’à l’instant où toute sa vie chavire : un manteau
gris qui devient l’incarnation de sa brusque prise de
conscience, une réflexion désobligeante de la première
d’atelier… et c’est le départ précipité pour la liberté
absolue : d’abord deux valises, une robe en lamé, puis
plus rien à porter que ce manteau gris lavé de pluie sur des
trottoirs écartés, quarante ans d’économies dilapidés,
l’alcool comme roue de secours, la rencontre délirante d’un
dernier amour. Et cette superbe clocharde à la carcasse usée
s’affranchit dans un ultime sursaut du joug du sexe et des
hommes, remportant jusqu’au bout sa victoire sur la société
humaine.
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Lire l'extrait de
presse
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NOTE D’INTENTIONS
J’ai lu IL SUFFIT DE PEU de Martine Drai et j’ai
tout de suite pensé à une figure fascinante que j’avais croisée dans
la campagne corrézienne: une vieille femme toute rabougrie qui arpentait
les routes à pied depuis des années, sale, déguenillée, se parlant à
elle-même. Une sorte de vagabonde ignorant les conventions, la vie
sociale, les progrès techniques et matériels. On ne savait pas grand
chose d’elle : autrefois elle avait vécu à Paris, elle avait été
élégante, coquette même, parce qu’elle travaillait dans la
haute-couture et de sacrées références : petite-main chez
Chanel ! Ultime réminiscence de son passé, elle se tartinait le
visage de farine pour faire paraître son teint plus blanc malgré la
crasse qui le recouvrait.
Comment, quand on a côtoyé le luxe, la beauté, quand
on a été au service du paraître et des choses matérielles peut-on
renier son passé de façon aussi radicale et vivre en errant et méprisant
les conventions, les pressions sociales et familiales ? Voilà toutes
les questions que je me posais au passage de ma vieille cloche corrézienne.
Puis, j’ai croisé, au détour d’une lecture, la Georgette de Martine
Drai.
L’histoire des deux femmes était à tel point
semblable que je me suis demandée si Georgette et la marcheuse corrézienne
ne faisaient pas qu’une. Je n’ai pas la réponse et peu importe au
fond. Même si la coïncidence fait que ces personnages se ressemblent, il
est peu probable que Martine Drai a voulu créer un type, celui de la
vagabonde des temps modernes et faire ainsi une peinture sociale de la misère
actuelle. Le texte est certes très ancré sur des réalités sociales
mais c’est, avant tout, le portrait d’une personnalité ambiguë et la
découverte de sa grandeur sous son apparente décrépitude. On trouve la
liberté et le bonheur parfois là où on ne les imagine pas et, comme
Georgette, chacun peut les découvrir un jour au détour de son chemin
hors des conventions sociales. Le monde actuel n’appartient pas qu’aux
sédentaires mais aussi aux « en-allés », à l’homme (ou la
femme) aux semelles de vent, comme le disait Rimbaud. La Georgette de
Martine Drai a rejoint le monde des nomades d’aujourd’hui « qui
étaient pourtant les seigneurs de jadis » (Michel Tournier) et qui
sont malheureusement poussés à la clochardisation par notre société
moderne.
Au milieu de bancs d’une salle d’attente de gare où
les spectateurs seront assis, notre Georgette s‘adressera aux
gens, les apostrophera en éveillant la gêne à laquelle nous sommes tous
confrontés à la vue de ces pochards édentés qui peuplent notre
univers. La comédienne Zhor Tazi, après nous avoir inspiré crainte et dégoût
se montrera enjôleuse et conteuse avant tout quand sa voix à l’étrange
diction dévoilera le passé de Georgette et son présent à la fois dur
et plein de poésie. Un accordéoniste et une chanteuse, eux aussi
« errants » inconfortablement installés sur les bancs de
gare, apporteront des respirations au récit au travers d’une musique
originale parfois grave ou joyeuse. L’objet n’est pas de faire un état
des lieux de la misère sociale ni d’amener le clochard au public bien
pensant qui n’a qu’à faire quelques pas dans la rue pour le
rencontrer. Il faut découvrir Georgette, tantôt sincère, tantôt
affabulatrice, cirrhotique et rebelle mais infiniment serviable voire
sociable, personnage rattrapé par la réalité qui conserve pourtant une
vision de la vie étonnamment « bohême ».
Florence Kolski
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CONTACT
Florence Kolski
la Femme Bilboquet
émail : femmebilboquet@yahoo.fr
association déclarée
n°Siret : 43784019200029
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